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RENCONTRES CIVAM 1er ET 2 OCTOBRE 2009

Le 1er octobre après-midi 50 participants se sont retrouvés à Pau pour échanger leurs points de vue à l’occasion de l’AG de la FRCIVAM Aquitaine sur :

  • Le rapprochement consommateurs-producteurs

  • La préservation des terres fertiles et l’installation, agricole notamment, des hors cadres familiaux

Des thèmes de rencontre qui mobilisent au-delà des adhérents du CIVAM (des producteurs à l’origine).

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« Le moins que l’on puisse dire c’est que de telles rencontres sont exceptionnelles. »

Exceptionnelles par le fait que la parole y est libre, par la présence d’acteurs issus d’horizons  différents, par la qualité et la franchise des propos.

Exceptionnelles aussi par le fait que toutes ces personnes prennent de leurs temps pour venir dire leur intérêt pour les actions sur l’agriculture et l’alimentation de proximité, par les témoignages qui vont permettre de comprendre ce qui se joue pour l’avenir.

« Un vrai révélateur de débats et une vraie source de connaissance. »

Du coup les exagérations médiatiques ou les jalousies professionnelles que nous avons pu entendre ou lire de ci de là tombent bien à plat face à cette forte mobilisation, à cette énergie mise en commun.

De même, le fait de se reposer sur un réseau innovant (les CIVAM) ne pose pas de problèmes mais éclaire plutôt sur l’intérêt qu’il y a d’aller plus loin dans « l’essaimage » sans tomber dans la rigidité fédérative.

Si l’on comprend bien qu’il n’y a pas un lien mécanique et encore moins obligatoire entre CIVAM et AMAP®, on saisit toutes les richesses qu’apportent les « relais » dans les départements pour faciliter le fonctionnement, la création, le développement et la régulation des AMAP. Ce n’est pas une tutelle mais un « appui dynamique » qui permet d’aller plus loin sur les thèmes prioritaires formulés par les consommateurs (ou faut-il dire aussi par des citoyens conscients d’enjeux fondamentaux pour l’avenir ?).

« Autrement dit, ce sont les projets qui sont en avant et ce sont les projets qui tiennent le haut du pavé. »

Et la force des témoignages permet de dégager des perspectives pour l’avenir.

Nous sommes ici très loin de l’image médiatique des « bobos* » qui se la jouent un peu écolo, et de quelques agriculteurs marginaux qui trouvent un petit marché porteur.

Les plus démunis pour le hard discount et les plus aisés pour des systèmes citoyens ce n’est pas d’actualité !!!

 

Nous verrons qu’il n’en est rien et que les participants s’intéressent à autre chose qu’à l’aspect financier, par exemple :

Le rapprochement consommateurs-producteurs

Les évolutions de la société se confirment à la fois par la prise de conscience de « consommateurs » du changement nécessaire pour mieux vivre la situation écologique globale, par la qualité de son alimentation, et par les nécessités de redresser la situation localement pour « se prendre en main » et assurer l’avenir. Bien entendu ce niveau de « prise de conscience » est variable, partiel, plus ou moins partagé, plus ou moins formulé. Certains y verront l’unique « panier », d’autres un système alimentaire local naissant… Peu importe, ce qui est intéressant c’est l’évolution et l’accompagnement qui existe aujourd’hui, et qui va croissant de ces idées.

Ce qui est dit par les participants sur le rapprochement consommateurs-producteurs est intéressant à plus d’un titre, même s’il y a des variantes dans l’approche. Il n’y a pas de pensée unique et tant mieux.

D’autre part le réseau CIVAM a été à l’écoute, sûrement par son positionnement privilégié au cœur des démarches innovantes, des évolutions de la société et de l’agriculture. Le lien est donc vécu comme naturel et pas institutionnel. Répétons le, il n’y a pas d’obligations, il n’y a pas de tutelle. Il y a simplement la volonté d’accompagner des projets réels, innovants et il s’avère que la souplesse et la Les Rencontres Civam Aquitaine 2009 | Accueil

capacité à faire face à des questions nouvelles ont fait que le réseau CIVAM a pu répondre à ces demandes.

Répondre en imaginant des solutions pratico pratiques, pour que ça marche. Répondre en donnant la parole mais aussi du conseil pour éviter les dérives que tout groupe peut connaître. Répondre pour trouver de l’argent et aider dans les montages complexes (installation, terres, organisation…).

Enfin l’ouverture d’esprit couplée au pragmatisme ont su séduire les uns et les autres. « Avoir des idées est essentiel, pourvoir les mettre en œuvre est encore mieux ». C’est à cela que s’attèlent les participants.

Les tables rondes ont été précédées d’un recueil des idées des personnes présentes.

Des affirmations fortes ressortent de la part des uns et des autres, voici quelques éléments de synthèse.

« Nous voulons savoir » qui fait quoi, comment on produit, quelle est la logique de production, pourquoi. C’est une preuve d’investissement personnel.

Il y a aussi « une demande de produits sains », à l’heure des doutes sur l’alimentation.

Parfois cela peut-être vu comme une obsession par les producteurs. C’est donc un point d’échanges.

En allant plus loin il y a aussi une «  volonté de revenir au local », de connaître le producteur, de renouer avec une entraide locale, à dimension humaine, de « manger local ».

Mais aussi apparaît une dimension de « partage de risques », de volonté d’inventer une autre économie sans être dans le pur « don ».

Et le type d’organisation retenu, l’AMAP par exemple ou la vente directe, peu susciter ou renouer avec des approches un peu oubliées (je ne parle pas de variété de légumes encore que !) comme le lien local.

La notion de rapprochement, de proximité, de déplacements et de « dépense d’énergie » est mise en avant par certains montrant également le haut niveau de prise de conscience qui émerge.


La relocalisation fait partie de cette approche.

En fait ce qui ressort de cet atelier c’est qu’au delà de la diversité « acceptable » des positions il se dégage tout de même des lignes de forces qui conduisent à une vision du futur différente, plus consciente et plus responsable.


Sur le deuxième atelier on peut également noter une prise de conscience peu anodine.

En effet sur le thème de « la préservation de terres agricoles fertiles » et de l’installation on aurait pu penser que ce n’est pas une préoccupation de consommateurs (fussent-ils acteurs).

Qui se soucie en fait d’avoir des agriculteurs comme voisins demain ? (position du rurbain !) Qui ne veut pas que ses terres deviennent constructibles ? (position du propriétaire foncier !) 


Quelques éléments de l’atelier :

Il faut « sortir des sentiers battus », poser une pierre modeste à l’édifice, « casser le pessimisme ambiant », accompagner la demande croissante des consommateurs qui est garante de l’avenir des nouveaux producteurs.

L’engagement des consommateurs dans les AMAP peut être, comme le dit un témoin, lié à l’engagement vis-à-vis de l’agriculture de proximité. C’est donc tout naturellement que le lien se fait avec la stratégie d’aide à l’installation.

D’autant plus que partant d’une idée un peu théorique, très vite la pratique se confronte à la réalité et crée des liens étroits de reconnaissance entre les producteurs et les consommateurs.

Il y a un apprivoisement fécond :

Aussi ces nouvelles solidarités locales vont dans le sens d’une responsabilité sociale et environnementale accrue qui ne peut pas laisser les autres acteurs locaux insensibles. C’est ainsi que toute forme collective d’entraide en vue de l’installation peut-être imaginée et que le réseau CIVAM par exemple a pu développer l’idée de « couveuse agricole ».

A noter également que s’intéresser aux producteurs pourrait être réduit à du pur intérêt (pour avoir de bons produits) mais il s’avère que les AMAP entre autres provoquent aussi du lien entre consommateurs, (ou éco-responsables ?) et c’est un plus imprévu mais qui va donner une garantie de fonctionnement de ce nouveau « marché ». Les Rencontres Civam Aquitaine 2009 | Accueil

Car le besoin de savoir s’il est en partie réalisé et s’il se double d’une relation de confiance va créer les fondamentaux d’une pérennisation du système.

Le phénomène étant relativement jeune (5 ans c’est un petit encore) il convient d’en mesurer les effets et accompagner de nouveaux producteurs dans ce nouvel espace de vie et de développement totalement innovant.

Le besoin de production locale est manifeste.

Des disparitions d’agriculteurs en nombre impressionnant et un besoin local non satisfait car les productions sont en transit ou sur les routes ont fait prendre conscience du besoin de réfléchir à de nouveaux dispositifs d’accompagnement à l’installation en visant la proximité et les circuits directs.

Les nouveaux partenaires sont donc les collectivités locales, avec bien entendu comme souci de préserver les terres fertiles proches, d’assurer des modèles rénovés visant à réussir ce pari … 30% de consommation locale rapidement.

Cette stratégie ne s’improvise pas et fait l’objet d’expérimentations comme la couveuse et comme les programmes partagés avec les instances locales. Il s’agit de développer un positionnement dynamique au niveau de l’offre alimentaire.

 

Voilà donc une après-midi riche où les consommateurs ont prouvé leur proximité avec les producteurs et inversement, on pourrait dire que la journée fut fertile !!!

 
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